Pas glop
Romain & Marielle sont partis, ça fait maintenant bientôt 15 jours.
Ils sont actuellement à Montréal, première étape de leur tour du monde, et ce jusqu'aux environs du 8 Novembre. Paris me semble vide sans eux...
Jean-Hugues est à la Réunion, et Manu partait cet après-midi l'y rejoindre, pour quinze jours. Tout le monde déserte.
C'est le début de la vague "pétage un plomb" parisienne, qui tombe généralement aux environs de début Novembre. Tout est gris, peu de lumière, le temps est humide, les miasmes du début de l'hiver nous guettent, les proches, de plus en plus nombreux se mettent à tousser, les collègues tombent malades, les vitres des bus sont complètement embuées, les gens dans le métro vont commencer à tirer leurs gueules d'avant les fêtes... Autant de raisons de fuir Paname !
pour ceux qui ne connaissent pas, le Parisien standard fait la gueule en permanence dans les transports. Normal, il va d'un point A à un point B. Ce qu'il y a entre les deux, il le subit : la chaleur animale du métro bondé, l'irascibilité du petit vieux qui se fait écraser les pieds pour la 42ème fois de la journée (et on comprend qu'il en a marre), les "Scouzez poûr la mouzik"... Chacun prend donc son masque d'indifférence, tout le monde essaie d'être lisse, ne pas accrocher le regard, laisser glisser les événements sur sa bulle mentale d'isolement, de ne surtout pas laisser l'opportunité à qqun d'engager un début de conversation (généralement, un inconnu qui vous dit bonjour ne vous offrira pas de fleurs, mais a dans l'idée de vous taper qqch : clope, argent, ...).
Laisser le moins d'accroche possible à l'Autre : nous nous armons tous de notre meilleur faciès (catégorie "je tire la gueule, fait pas iéch'"). Et ça marche relativement bien. Hormis contre ces satanés accordéonistes qui massacrent les 3 mêmes morceaux : la bulle mentale d'isolement est largement dépassée par le volume sonore.
La situation va aller en s'empirant. J'imagine que tout le monde subit plus difficilement le mauvais temps, le manque de luminosité, la fatigue, pour certains les débuts de la pression mentale des fêtes (où les passer, avec qui, quoi acheter comme cadeau, où trouver l'argent pour se livrer à cette orgie consummériste, y'aura-t'il de la neige aux 2 alpes, ...). Du coup, autant c'est déjà pas terrible en temps normal, autant vers la fin novembre ça va devenir affreux : nos congénères vont devenir vraiment déprimants.
Yep. Va falloir planifier quelques we à l'extérieur de Paris.
lundi 25 octobre 2004 à 23:35 |



